lundi 8 décembre 2008
Obsèques d'Alexis II mardi dans la cathedrale du Christ-Sauveur
Les mesures de securité autour de l'édifice ont été renforcées. Alexis II sera enterré à la cathédrale Bogoyavlenskii, là où il souhaitait reposer. Les travaux de préparation de sa tombe sont terminées.
Il reste donc une journée aux Russes pour dire adieu au patriarche. Depuis samedi, plus de 50 000 personnes lui ont rendu hommage dans la cathédrale du Christ-Sauveur.
Après la cérémonie, les pontes de l'église orthodoxe russe se réuniront en synode, afin d'élire leur nouveau représentant. Lire la suite
Mort d'un officier dans l'incendie de l'escorteur Neoukrotimii
Le feu a pris dans une des pièces du bâtiment. Le Neoukrotimii se trouvait à du quai, dans la ville Baltiisk. Le commandement de la flotte a lancé une enquête pour déterminer l'origine du sinistre. Lire la suite
Les communistes de Saint-Pétersbourg veulent canoniser Staline
La petite église orthodoxe de Strelna, dans la banlieue de Saint-Pétersbourg, a accueilli oeuvre d'art d'un goût discutable : une icône représentant Staline à côté de sainte Matrona de Moscou. C'est le doyen de l'église, le prêtre Evstafi, qui l'a accrochée à l'intérieur.Les autorités ecclésiastiques n'ont pas tardé à réagir et ont fait retirer le "petit père des peuples" des murs de l'édifice. Face aux critiques, le prêtre a annoncé qu'il allait renoncer à exercer.
L'icône a été commandée par Alexandre Evseev, un businessman. Elle montre la rencontre de Joseph Staline avec la bienheureuse Matrona de Moscou, censée avoir eu lieu à l'automne 1941, quelques mois après le début de l'invasion nazie.
La sainte aurait conseillé à Staline de rester à Moscou, alors que les Allemands étaient aux portes de la ville, et lui aurait prédit la victoire du peuple russe.
"J'ai commandé cette icône parce que pour moi, Staline est un grand homme politique qui a gagné la guerre contre les nazis et créé l'Union soviétique", a expliqué à l'AFP Alexandre Evseev. L'homme dit l'avoir offerte en témoignage "de l'amour et du respect" qu'il ressent pour ce lieu de culte et son prêtre Evstafi.
"On a canonisé Nicolas II, pourquoi pas Staline ?"
Mais l'histoire ne s'arrête pas là : les communistes de Saint-Pétérsbourg ont proposer d'aller encore plus loin, en canonisant Staline.
Pour Véronika Klinovitskaya, attaché de presse des communistes de Saint Pétérbourg, rien de saugrenu dans l'idée de faire de Joseph Vissarionovitch Djougachvili (le vrai nom de Staline) un saint :
"Nous avons pris cette décision pendant la réunion du comité central, parce que nous souhaitons répondre à une demande de la société.
C'est vrai que notre parti était pendant soixante-dix ans celui des athées. Mais désormais, nous nous revenons aux sources du marxisme-léninisme, quand les communistes étaient extrêmement tolérants. Nous avons même dans notre bureau une reproduction de cette icône."
Et les répressions sanglantes menées par Staline pendant son règne à la tête de l'URSS ?
" Les répressions, c’était une nécessité, il n'avait pas le choix. Tout le monde parle des répressions, mais c’est lui qui a réussi à amener le pays à un niveau extraordinaire. Sous Staline, la Russie comptait.
On avait tellement des succès en science, notre niveau de développement dépassait celui des pays occidentaux. C'est sous Staline que nous avons lancé Spoutnik [le premier satellite artificiel, ndlr].
Le plus important, c'est la Seconde Guerre mondiale : c’est Staline qui a arrêté Hitler. Et puis on a canonisé Nicolas II, qui a aussi commis des meurtres, alors pourquoi pas Staline ?"
"On avait peur de nous."
La demande a cependant peu de chances de convaincre les responsables de l'église orthodoxe, comme le rappelle Novyé Izvestia, dans un article repris par Courrier international. L'archiprêtre Mikhaïl Ardov, supérieur de l'église du Saint-Tsar-martyr-Nicolas à Moscou, y explique :
"Ces demandes de canonisation et tout ce que nous voyons à la télé, ces personnes âgées qui vont manifester en brandissant à la fois des portraits de Staline et des icônes orthodoxes sont affolantes. Elles sont le signe que les gens ont complètement perdu le sens des réalités."
La réaction de Veronika Klinovitskaya montre que la nostalgie envers le régime soviétique reste vivace, et témoigne de l'attachement des Russes à l'idée d'un Etat fort. Véronika Klinovitskaya rappelle que la Russie était La Sixième Partie du monde (titre d'un film de Dziga Vertov, en référence à la superficie du pays) : "On avait peur de nous."
Certes, la popularité du dirigeant soviétique est un peu en baisse depuis la fin 2007, selon le centre sociologique de Levada). Selon leurs derniers données, il peut compter sur 39% de symphatisants, contre 53% en 2003.
Mais Staline reste une figure-clé dans le débat public russe. Au printemps 2008, la chaîne d’Etat Rossiya a lancé le projet "L'homme de la Russie. Le choix historique". Les internautes doivent choisir la pérsonnalité historique la plus populaire et la plus symbolique, celle qui incarne le mieux la Russie.
Le concours a fait scandale quand, au milieu de l’été, Staline a pris la première place du classement. Aujourdhui, il reste parmi les premiers (le vote se termine bientôt).
Ce sont surtout les jeunes, n'ayant pas vécu au temps de l'URSS et ne connaissant pas grande chose sur la vie soviétique, qui ont voté pour Staline. Ils savent seulement ce qui est inscrit dans les nouveaux manuels d'histoire, dans lesquels Staline apparaît comme "un manager efficace", la répression étant considérée comme "l'instrument du développement du pays".
Olga Alissova
Photo de Mikhaïl Bakhman. Le prêtre Evstafi avec l'icône de Sainte Matrona de Moscou. Lire la suite
Pas de "Marche russe" pour les nationalistes le 12 décembre
Dmitrii Demoushkin, leader de l’Union Slavyanskii, a expliqué que cette décision a été prise à la demande d’Aleksandr Belov, leader du mouvement contre l’immigration illégal.
La Marche russe devait se tenir le jour anniversaire de l'entrée de vigueur de la constitution russe, sur le boulevard Ckhistoprudnii. Lire la suite
Alexandrov : « Les écrivains russes sont plus libres que les journalistes »

Deux des plus importants événements de la saison littéraire russe viennent de se dérouler. Vladimir Makanine, écrivain russe très connu, vient de remporter le prix Grand livre avec son roman Asan, tandis que c'est le jeune auteur Mikhaïl Elizarov qui a été primé par le jury du prix Booker russe pour son roman Le Bibliothécaire.
Au-delà de la qualité des ouvrages primés, cette sélection révèle qu'en Russie, il est bien plus facile de s'exprimer dans les pages d'un livre que dans les colonnes d'un journal.
Les deux livres qui ont été décernés sont très différents. Asan est un ouvrage qui aborde la seconde guerre de Tchétchénie (qui début en 1999), Le Bibliothécaire évoque les fans de l'écrivain soviétique Mikhail Gromov. Cependant, les critiques relèvent une similitude entre ces romans : ils seraient tous les deux aussi mal écrits.
"Le Bibliothécaire, de Elizarov, est écrit dans une langue effacée et morte", estime la critique Maia Kutcherskaya. Quant à Asan, son collègue Nikolai Alexandrov considère que le livre manque de créativité. Le jury a selon lui reconnu avant tout "une grande importance sociale" au travail de Makanine.
Nikolai Alexandrov parle désormais de "politique littéraire" en matière de remise de prix. Nous avons souhaité lui demander ce qu'il pensait de l'évolution de la scène littéraire russe. L'écrivain russe peut-il toujours écrire ce qu'il veut ?
Qu'appelez-vous par "politique littéraire" et que voulez-vous exprimer par là ?
С'est la tentative d'évaluer la littérature sous l'aspect de l'importance sociale et non pas de la valeur artistique. Si nous prenons l'exemple du prix Grand Livre, décerné à "Asan", les jurés ont été écrasés par l'importance du prix, ce qui a déterminé le résultat du vote.
Le jury commence par se demander "qu'est-сe qu'un grand livre ?" Ils s'orientent alors sur les attentes du public mais non pas sur le texte lui-même. Bien sûr, ce n'est pas bien.
Mais cette politique littéraire existe aussi en France où les prix récompensent aussi des maison d'édition. Au moins, là-bas, on sait qu'elles ont une influence. Ce phénomène peut également être observé en Russie.
Nous avons vu comment les grandes maisons d'édition comme Ast, Azbuka et Eksmo ont mis en avant leurs écrivains. Pour elles, la lutte a déjà commencé. Mais jusqu'à présent il n'y a pas encore de lobbying sur les membres du jury, ou d'autres pressions de ce genre.
Existe-t-il un sujet à ce qui est mieux de ne pas écrire ?
Il y a bien sûr des sujets sensibles, comme la violence, le trafic de drogues. On se souvient de la fermeture de la maison d'édition Ultrakultura, de Ilia Kormiltsev, qui publiait beaucoup de livres sur ces thèmes, ainsi que des ouvrages plus politiques (ce sont les services de lutte anti-drogues qui ont obtenu la fermeture de Ultrakultura, connue pour publier des oeuvres anticormistes, ndlr).
Il faut quand même relever que Vladimir Makanine écrit librement sur la guerre en Tchétchénie. Je pense qu'aujourd'hui la littérature est plus libre que les médias. Le critique littéraire Lev Danilkin affirme, non sans raison, que les années 90 en Russie ont été mieux décrites par les livres que par la presse.
Y a-t-il des pressions du gouvernement sur la littérature?
La censure du gouvernement n'existe pas. Il y a des pressions des fonctionnaires et des entreprises, mais le gouvernement s'ingère rarement dans la littérature. Les éditeurs sont très libres, n'importe quel écrivain est plus libre qu'un journaliste.
L'assassinat d'Anna Politkovskaya l'illustre bien. Quand un journaliste menace les intérêts des fonctionnaires ou des hommes d'affaires, il est en danger. Il y a des exemples dans le monde entier.
Les écrivains peuvent quant à eux publier un auteur comme Vladimir Sorokine. Dans son dernier livre, Sugar Kremlin, la satire est à peine dissimulée par des pseudonymes tout à fait reconnaissables. Rien ne se masque.
A l'époque soviétique, de tels livres n'auraient jamais été publiés mais maintenant c'est possible. Valeri Panyushkin publie ainsi un livre décrivant la chute de l'oligarque Mikhail Khodorkovski (emprisonné depuis 2004 pour vol et évasion fiscale, ndlr). Il a travaillé dans la revue New Times, sans être inquiété.
Le cas d'Edouard Limonov [fondateur du Parti national-bolchévique, ndlr] est différent. Ses livres sont imprimés, mais ses activités politiques sont interdites. Il appelle à la rébellion armée, c'est un autre combat.
Photos : Nikolai Alexandrov (Irina Vaague/Moscou89).
dimanche 7 décembre 2008
La rue des communistes devient celle de Soljenitsyne : le Net divisé
Le 11 décembre, il aurait eu 90 ans. Et depuis la mort d'Alexandre Soljenitsyne en août 2008, les hommages à l'écrivain se multiplient en Russie. Ludmila Saraskina a été classé deuxième par le jury du prix Grand Livre pour sa biographie de l'auteur de « L'Archipel du goulag », le centre des écrivains russes à l'étranger va porter son nom, et au Manège, à Moscou, une grande exposition de photos célèbre sa mémoire.
Mais Dmitri Medvedev a voulu aller plus loin, en renommant par décret une grande artère de la capitale, Bolshaia Kommunistitcheskaia (« le boulevard du communisme ») en « rue Soljenitsyne ». Pourtant, la loi interdit de donner le nom d'une personne à une rue avant un délait de dix ans après sa mort. Le Net russe a vivement réagit.
Valery Paniushkine, journaliste reconnu, écrit ainsi dans le quotidien Vedomosti :
« L'école de ma fille se trouvait sur le Bolshaia Kommunistitcheskaia. Maintenant, elle se trouve dans la rue Alexandre Soljenitsyne. Une décision contraire à la loi, mais je n'ai rien contre.Le photographe Youri Feklistov, dont les photos sont exposées au Manège, est d’accord avec Paniuchkine :
C'est vrai que la rapidité de la décision rappelle l'époque soviétique, mais je considère que c'est une mesure juste. Chaque matin, j'accompagne ma fille à l'école et je regarde les ouvriers changent les plaques. Je vois ça comme le triomphe de la justice. »
« C’est très symbolique. Pendant toute sa vie, Soljenitsyne a lutté contre le communisme, et c’est bien qu’on ait decidé de rebaptiser le Bolchaia Kommunistitcheskaia. »
Certains blogueurs ont été surpris en sortant du travail. Skazittel écrit ainsi :
« Hier, quand je suis rentré chez-moi, j'ai regardé par hasard le panneau de la rue Bolshaia Kommunistitcheskaia, où je travaille. Surprise ! Maintenant, c'est la rue Alexandre Soljenitsyne. »Mais plusieurs personnes sont révoltées que le gouvernement bafoue ainsi les règles en vigueur. Meellaira Ahr compare même cette décision aux amendements récents de la Constitution russe:
« C'est aussi arbitraire que la décision de passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans ! »Le blogueur Sir_satir y voit un choix qui ignore l'histoire russe: « On néglige les faits histoiriques et on reécrit l'histoire de sa propre manière. »
Tatiana Sintsova refuse elle aussi qu'une rue puisse porter le nom de Soljenitsyne :
« Ni au centre de Moscou, ni à sa périphérie, on a besoin d'une rue à son nom. A quoi bon d'offenser le peuple ? Je suis sûr que la plupart de gens ont de l'antipathie pour Soljenitsyne. »Comme elle, certains Russes reprochent à l'écrivain d'avoir longtemps vécu à l'étranger, tout en continuer à prodiguer des conseils aux Russes. D'autres n'apprécient pas son oeuvre, jugée trop politique et pas assez littéraire.
Les communistes se révoltent aussi. Le blogueur Kommari écrit même :
« Quand nous vivions sur le Bolshaia Kommunistitcheskaia, nous espérions avoir un avenir. Désormais, nous allons vivre dans la rue Solzhenitsyne. Désormais, nous aurons toujours le passé, l'éternel, le sombre et le puant passé. »Kosha-mikosha rappelle qu'un autre choix a été envisagé, celui d'une rue son village natal, Troitse-Likovo :
« Les experts de la Commission en ont décidé autrement : la rue est petite, et elle se trouve à la périphérie de Moscou. Aleksandre Solzhenitsyne a été une personne importante pour la culture russe, et il est normal qu’une belle rue au cœur de la ville porte son nom. »Certains blogueurs en tout cas ne comprennent pas les critiques. Sarah Hanzharova défend la mémoire de l'écrivain :
« Soljenitsyne n’a fait rien du mal. Ecrivain, martyr, un vrai défenseur de l’etat. Tout le monde le respecte, quand mème ! »Le blogueur Sergei Shatrovsky a une revendication plus radicale : il souhaite que le Bolshaia Kommunistitcheskaya soit renommé en l’honneur de Poutine et Medvedev !
D'autres ont des idées plus bucoliques : Ir_ingr estime que tout le monde est déjà fatigué de la politique. Et propose de choisir la rue Bleuet ou la rue Muguet.
Photos : dans l'exposition consacrée à Soljenitsyne, au Manège, à Moscou (Irina Vaague/Moscou89).
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Pour organiser sa marche, l'opposition à Poutine soigne ses démarches
Le 1er décembre, la mairie de Moscou a reçu deux demandes de manifestations : le 12, journée de la Constitution, les nationalistes sortiront dans les rues pour « La marche russe ». Et le 14, c'est l'opposition qui défilera pour « La marche des désaccords ».Cette dernière date a été choisi en référence au 14 décembre 1825, date de la revolte des décabristes sur la place « Senatskaya », à Saint-Pétersbourg - tentative malheureuse de révolte contre le tsar Nicolas Ier, et pour la création d'une Constitution.
« La veille, nous avons passé la nuit devant la mairie, pour étre les premiers et ne pas donner aux autorités un prétexte pour nous refuser l'autorisation », raconte Alexandre Averine, porte-parole de Nazboli. Délégué permanent, Averine a l'habitude de ces démarches.
« On nous a déjà refusé l'autorisation de défiler parce que la place était déjà prise par des mouvements de jeunesse pro-Kremlin, comme « Nachi » ou « La jeune garde ». Une fois, ils ont sorti notre représentant par la force. Bien sûr, au jour dit, il ne se passe rien.»
En moyenne, les manifestations de l'opposition reunissent près de 2 000 personnes. Cette fois, les organisations attendent plus de participants, à cause de la crise economique et de la proposition d'allonger le mandat du President et Parlement par une réforme constitutionnelle.
L’administration moscovite refuse aussi d’approuver le parcours de la marche : la place du Triomphe, la rue Tverskaya, la place de la Revolution -les endroits les plus symobliques et les plus populaires de la capitale. Edouarde Glesine, un des sept coordinateurs moscovites du mouvement « Oborona » (en accord avec leurs règles internes, ils n‘ont pas de leader désigné) explique :
« Le seul quai Tarasa Schevtchenko ne nous suffit pas. Le Parti communiste a fêté le 7 novembre rue Tverskaya et place Teatralinaya. Les « Nachi » ont protesté le 2 novembre devant l’ambassade américaine. Il est évidant que les autorites cherchent à nous mettre des bâtons dans les roues par tous les moyens »
Depuis le 16 décemdre 2006, quand a eu lieu la première « Marche des desaccords » à Moscou, près de vingt actions se sont déroulées dans les grandes villes russes.Parmi les slogans : « Nous avons besoin de L’autre Russie », « La Russie sans Poutine », « Non à l’Etat policier », « A bas le pouvoir des policiers ». La plupart de ces actions était interdites par les autorités, et s'accompagnait de nombreuses arrestations, réalisées par les Omon (des brigades de police spéciales). Souvent, les activistes ne parvenaient même pas à attenidre la place de la marche, interpellés par la police sur le chemin.
Sur ses sites ’Internet, l’opposition récolte des fonds en communiquant des numéros de compte bancaire à créditer, propose d'imprimer des tracts et des affiches, et publient des conseils sur la conduite à tenir avec les Omon et les bons réflexes à avoir en cas d’arrestation : "Si un policier vous arrête, vous avez le droit d'exiger son attestation de service et des explications sur les motifs d'arrestation."
La « Marche des desaccords » a été créé en 2006 et réunit plusieurs organisations et mouvements politiques dirigés par les liberaux russes, dont :- Le Front civil uni » de Garri Kasparov
- Le parti national-bolchévique dirigé par Edouard Limonov
- L’Union civile-démocratique de Mihail Kassianov
- Smena (« Le changement »)
- Le front de la gauche
- Oborona (« La défense »)
Photos: La marche des desaccords - Arrestation d'un activites - Des participants à la marche (à gauche, Garri Kasparov) (nazbol.ru) Lire la suite
samedi 6 décembre 2008
Perquisition musclée à Mémorial Saint-Petersbourg : le film de la journée
Moscou89 publier le récit de la journée établi par une membre de l'organisation, Tatiana Morgacheva, qui se trouvait dans le bureau. Trois autres personnes étaient là, dont une jeune Allemande qui réalise un travail de recherche sur « le fonctionnement de la société civile en Russie ». Ce qu'elle a vécu ce jour-là pourra sûrement faire l'objet d'un chapitre supplémentaire.
Voici le récit de Tatiana Morgacheva, heure par heure :
12h10. Un groupe de personnes entre dans le bâtiment. Elles présentent des documents officiels et une autorisation de perquisition. Deux d'entre, masquées et munies de matraques, prennent position près de l'entrée.
12h15. L'équipe de Mémorial souhaite examiner les documents présentés. Refus. Un volontaire veut commencer à écrire, mais un des intrus lui prend la main et la tord. Les autres membres de Mémorial parviennent à le dégager. Aucune réaction de la part des officiels.
12h30 Aprés ayant fini la lecture du mandat, les officiels procèdent à la perquisition, bein que le nom de l'institution indiqué était incorrect.
Prétexte trouvé : les liens invoqués entre Mémorial et la revue Nouveau Pétersbourg, dont un numéro, paru au moment des élections, était titré « Voici le vrai candidat ».
Les deux cerbères à l'entrée repoussent sans ménagement les visiteurs et les membres de Mémorial, qui se présente. Ceux qui sont à l'intérieur sont mieux traités, mais on leur interdit de téléphoner.
12h35 Tatiana Morgacheva parvient quand même à appeler Irina Flige, le directeur de Mémorial, qui se trouve à Moscou pour une séance du conseil des membres de la société. Irina tente de conseiller Tatiana sur la conduite à tenir.
13h30 La perquisition continue. Les disques durs sont retirés des ordinateurs, à l'aide de canifs.
14h02 Contacté par Mémorial, l’inspecteur de police du quartier se présente. On lui demande de confirmer officiellement la perquisition. Il répond qu’il « ne confirme pas, mais ne dément pas ».
14h33 L'avocat de l'organisation arrive, mais les collaborateurs du procureur ne le laissent pas entrée.
14h50 La perquisition continue. Des documents financiers sont saisis, sans relation avec l'activité de Mémorial mais qui concernent le travail d'un collaborateur scientifique et l'organisation, Alexandre Margolis et l'organisation « le Fonds du sauvetage de Pétersbourg-Léningrad ».
Tatiana Morgacheva tente d'obtenir un inventaire des documents saisis, mais on le lui refuse. Le PV mentionne juste : « Cinq chemises de carton, un cahier et 47 pages ». Il sera difficile de le récupérer avec une liste aussi floue. Près de 900 cartes de visite d'Alexandre Margolis sont aussi confiquées (c’est Tatiana qui leur demande de les compter).
15h45. La perquisition se poursuite dans le corridor. Les collaborateurs passent en revue les papiers, sans y prêter beaucoup d'attention. Un collaborateur de Mémorial parvient enfin à examiner le mandat de perquisition et le lit par le téléphone à un collègue. Ce dernier prépare la publication de l'enregistrement sur Internet.
16h00 Les collaborateurs du procureur entrent dans la bibliothèque, mais ne la fouillent pas, ce qui surprend Tatiana Morgacheva, vu qu'ils sont censés rechercher des informations sur un journal. L'ordinateur de la bibliothèque n'est pas non plus examiné.
16h15 L'équipe de la chaîne de télévision TVC se présente, mais ne peut entrer dans les locaux.
16h30 On ouvre le cabinet du directeur et on sort le disque dur de son ordinateur. Néanmoins, les archives du Mémorial ne sont pas fouillées, ni l'ordinateur du secrétaire.
17h00 Les collaborateurs de ministère publique quittent le bâtiment. Ils expliquent que les documents et les stockages informatiques seront rendus « s'ils ne présentent pas d'intérêt pour l’instruction ».
Au final, quelles conséquences aura cette perquistion sur le fonctionnement de l'association ? Tatiana Morgacheva repond que des copies des documents saisis (qui représentent vingt ans de travail) existent à l'extérieur. Mais personne ne sait quand le matériel informatique sera rendu, s'il l'est un jour.
Le travail en cours, lui, est perdu pour le moment. Tatiana peut seulement supposer les raisons de cette perquisition:
« Peut être, qu'ils voulaient regarder de quoi nous nous occupons en ce moment. Mais tout ça complique notre travail.
On va s'occuper de déposer plainte auprès du chef du comité d'instruction de Saint-Pétersbourg, Lazarenko S. V, en exigeant que soit rendus immédiatement ce qui a été saisi, et de sanctionner les irrégularités commises au cours de la perquisition :
- Le refus de dresser un inventaire. Ils nous ont répondu : « Nous ne le faisons pas, parce que nous n’avons jamais fait. »
- Le refus de laisser entrer l'avocat et les dirigeants de Mémorial.
- Les violences sur un des volontaires. »
Le bureau de Saint-Petersbourg n'est pas le seul à subir des pressions, explique Tatiana :
« Depuis un an, tous les bureaux du Mémorial du pays ont eu des problèmes. L'antenne de Kotlase a été fermée et il y a eu aussi des attaques de hackers sur le site de organisation. »
Dans un communiqué, Mémorial demande « le retour immédiat des documents retirés, qui n'ont pas et ne peuvent pas avoir de liens avec des publications « extrémistes ». Et prévient le ministère public de Saint-Pétersbourg que ces documents ont une grande valeur scientifique et qu'il porte « la responsabilité complète de leur intégrité »
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Sur les disques retirés, il y a des données sur les dizaines de milliers des victimes des répressions de Staline, recueillis par Mémorial depuis vingt ans et des documents uniques sur la terreur soviétique.
Anastasia Valeeva Lire la suite
Avec la mort du patriarche Alexis II, le Kremlin perd un fidèle soutien
Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexei II est decédé vendredi matin après dix-huit années passées à ce poste, une période où les relations entre et le gouvernement et l’église orthodoxe étaient au beau fixe.Un soutien enthousiaste au duo Poutine-Medvedev
Toutes les chaînes de télévisions fedérales montrent ainsi les céméronies de la Pâques orthodoxe dans la cathédrale du Christ-Sauveur, en s'attardant sur le président entouré de bougies. Pour Noël, ce dernier visite aussi des édifices religieux plus modestes en région.
Mais l'engagement de l'église orthodoxe russe et de son patriarche est allé plus loin. Ainsi, en decembre 2007, Alexis II a soutenu le projet de Poutine de devenir Premier ministre à l'issue de son second mandat à la présidence (la constitution ne lui permettant pas de se représenter).
« On attend que vos exploits continuent »
Dans une interview à la chaîne NTV, Alexis II soulignait que cette maneouvre permettrait à Poutine de garder le cap tenu pendant les huit ans passés à la tête du pays. Selon le patriarche, le lien entre le son successeur Dimitri Medvedev et le nouveau Premier ministre était une bonne chose pour la Russie. Il a d'ailleurs béni les deux hommes après leur victoire aux élections.
Photo : Vladimir Poutine et Alexis II (DR). Lire la suite
A la télévision, le festival de mauvaises blagues de Vladimir Poutine
« Qu’est-que vous aimez de plus ? » C’était la dernière question posée au Premier ministre russe Vladimir Poutine jeudi, 4 décembre, lors de son intervention télévisée sous forme d'échange avec des citoyens lambda. « La Russie », a-t-il sobrement répondu.On comprend que le leader russe aime un pays où l'on trouve des citoyens qui ont assez de sens de l'humour pour poser ce genre de question, prêts à jouer le jeu du pouvoir en pleine crise économique, alors que le chômage augmente et que tout le pays travers une période difficile.
Le même cérémonial s'était tenu l’an dernier, et une femme qui avait appelé s'était contentée, en entendant sa voix au téléphone, de le remercier « pour tout », avant de raccrocher.
Jeudi, on a pu constater que les conseillers de Poutine, désormais Premier ministre, ont travaillé sur un scénario un peu plus élaboré, avec des questions plus surprenantes. Alors que les fêtes du Nouvel An, fêté importante pour les Russes, approchent, le thème principal était tout choisi.
Poutine a ainsi assuré que les Russes n'auront pas à sacrifier leur traditionnel arbre de Noël à cause de la crise financière : « J’espère que tous ceux qui veulent acheter des sapins pourront le faire ». Avant de souhaiter un joyeux Noël à ses concitoyens.
La petite Dasha aura un cadeau à Noël
Poutine n'a pas précisé ce qu’il donnera à sa famille, mais il s'est déjà engagé à « résoudre » le problème le problème de Dasha, une petite fille de la république de Bouriatie privée de cadeaux cette année, en l'invitant à Moscou pour les fêtes.
Bonne idée, monsieur le Premier ministre, mais que faire pour les milliers d'enfants, qui, comme Dasha, n'ont pas d’argent pour acheter des robes ou des jouets, mais qui n'ont pas participé à votre beau scénario ?
Il faut dire que Poutine n'est lui-même pas touché par ces problèmes-là: pour son anniversaire dernier il a reçu un cadeau extraordinaire : un petit tigre. Le destin de cette animal a été très discuté déjà, jusque dans l'émission de jeudi.
Poutine a expliqué que le tigre est en très bonne santé, dans le zoo de Krasnodarsky Krai. Mais selon le quotidien Moskovsky Komsomolets, qui a téléphoné à tous les parcs animaliers de la région, le tigre n’est pas là. « Fille » (le surnom de l’animal) attend peut-être le Premier ministre calmement à la maison.
Poutine veut toujours « pendre » le Saakaschvili
Soyons justes : pendant l'émission, Poutine a aussi abordé des sujets plus sérieux, avec son vocabulaire qu'on sait fleuri, fustigeant notamment « les idiots » qui ne comprennent pas le mal qu'il font aux Russes.
Les relations entre la Russie et Georgie ont reçu le même genre de traitement, en plus trivial encore, grâce à question d’un autre fan de l'ex-Président. Ce dernier lui a demandé de confirmer une déclaration rapportée par des médias français, selon laquelle Poutine voulait pendre le président Saakashvili par un endroit particulier? « Pourquoi par un seul endroit ? », avant de comparer l'intervention des troupes russes avec l'occupation de l'Irak par les Etats-Unis.
Mieux vaut rire que de s'expliquer
Apres trois heures d'émission, Poutine a décidé qu’on pouvait s’amuser davantage : il a choisi (enfin, lui ou ses conseillers) des questions reçu par SMS. Les voici :
- « Est-il vrai que le pays va devoir émettre de nouvelles devises ?Rire, c’est bien sûr mieux que pleurer. Mais finalement, les choses les plus drôles et les plus difficiles à croire ont elles été prononcées très sérieusement : les garanties données sur le système social, la hausse des retraites, l'amélioration de la formation, de la politique de santé, la baisse du chômage, la hausse des salaires, la croissance économique. (Ecouter le son)
- N’importe quoi.
- Qu’est-que vous en pensez des bains russes ?
- J’aime tout ce qui est russe. » (Ecouter le son, en russe)
- « Où allez-vous fetez le Nouvel An ?
- A la maison.
- Vous etez romantique ?
- Un peu.
- Quand y aura-t-il de la neige ?
- C’est la volonté de Dieu.
- Quel regard portez-vous sur le bordel qui commence dans le pays avec les élections ?
- De quel pays parlez-vous ? »
Dans les institutions de l’Etat, monsier Poutine, on s’amuse bien, n’est-pas ?
Tania Kopalkina
Illustration : photomontage à partir du portrait officiel de Vladimir Poutine Lire la suite
L'interdiction de la « culture orthodoxe » à l'école enflamme les blogs
La nouvelle a vite fait le tour du web, reprise par les médias officiels puis par les blogueurs. L'idée d’enseigner la religion dans les écoles du pays n'est pas nouvelle, mais la décision du procureur a relancé le débat.
Sur la plate-forme de blogs très populaire en Russie Livejournal.com, Rw_scorp estime par exemple que la religion doit rester une affaire privée :« Je trouvais toujours que les questions liées à la religion appartiennent à chacun, sans que des étrangers s'en mêlent. C'est pourquoi je suis très heureux de cette nouvelle. »Dans la communauté "anticléricalisme" de Livejournal.com, Fyodorrrrr ironise :
« Enfin, les autorités ont fait leur travail. Dans la région de Penza, célèbre pour ses sectes qui se réfugient dans les cavernes, c'est vraiment une bonne chose. »Le blogueur Tiorn pense que "peut-être, cette décision obligera les activistes trop zélés de l’Eglise à réfléchir un peu plus avant d'utiliser les ressource publiques à des fins anticonstitutionnelles".
Le projet expérimental a été lancé il ya un an, quand l'archevêque de Penza et de Kouznetsk, Le Filaret, a réclamé l'enseignement des bases de l'orthodoxie dans toutes les écoles de la région. En réponse, l'administration locale s'est montrée très active. En particulier le chef du service de la formation du district, Eugeny Kadadov, qui a ordonné le début de l'expérimentation.
Mais début septembre, la communauté musulmane locale, le mufti Abbas Bibarsov en tête, se sont adressés au procureur de la région de Penza, Valery Koshlevsky, dénonçant l'illégalité de la mesure. Eugeny Kadadov, sans attendre les résultats de la procédure, a quitté son poste "pour convenances personnelles".
La sévérité de certains blogueurs s'explique par la déclaration du chef du service de presse du patriarcat de Moscou Vladimir Vigiljanskii. « Moins il y a de culture orthodoxe dans la région, plus il y a d'obscurantisme », a-t-il ainsi commenté, ajoutant que ces restrictions pourraient mener à l'apparition dans la région de nouveaux mouvements sectaires, qui attendront la fin du monde dans des grottes.
Le blogueur Margelov s'insurge :"Qu'est-ce qu'une personne tirant de telles conclusions peut apprendre à des enfants ? Ça m’embête, ce goût pour "l'orthodoxie autocrate".
Il est clair qu'avec l'aide des religions, il est beaucoup plus facile de diriger le peuple, mais il est temps de comprendre qu'on n’est plus au Moyen Age. Inventez quelque chose de nouveau ».
La discussion animée et parfois agressive s'est poursuivie sur le web, tournant parfois aux injures, notamment à propos des signes nationaux et religieux. Voila ce que Garden vlad écrit dans son blog :« Les enfants russes peuvent bien regarder Dom 2 [une émission de télé-réalité controversée, ndlr], mais pas faire connaissance avec les bases de la culture. Les gens russes doivent être des animaux sans famille, ne connaissant ni la culture, ni l'histoire, ni la foi de leur peuple.
C'est le signe de l'installation d'un régime tchékiste est évidente, qui mènera à son terme la dénationalisation de la population russe commencée par les Bolcheviks »
Mais l'une des participantes de la forum "Espace ouvert" du site de la Novaïa Gazeta ne voit pas ce qu'il y a de si terrible à l’enseigner la religion à l'école :« Finalement, c’est la famille la plus grande influence sur la formation de la personnalité de l'enfant. Eh bien, qu'à l'école on lui raconte le Christ, et qu'il fasse connaissance chez lui avec l'islam, le bouddhisme, le kantisme ou le marxisme-léninisme, ce que vous voulez...Lire la suite
Le plus important : apprenez-lui à penser tout seul, à faire des conclusions et à s'intéresser aux choses au-delà des cadres du programme scolaire. »